
On me parle de culturel, qu'on oppose au naturel, on me parle de bien, qu'on oppose au mal, on me parle de savoir, qu'on oppose au mensonge, on me parle de justice, qu'on oppose à l'injustice, on me parle de valeurs, qu'on oppose aux vices.
D'un côté on prône l'information, la découverte, l'avancée, le progrès, l'humanisme. De l'autre on prône l'achat, le bonheur matériel (ou passant par du matériel), le divertissement, la protection, la loi, le conformisme. Celui qui se perd là-dedans est considéré comme un adolescent utopique, un schizophrène inconscient, un marginal malhonnête, un pessimiste hâtif, j'en passe.
Il y a des tas de gens qui ont dit toutes sortes de jolies phrases. On peut les aimer, les appliquer, les ignorer, les déprécier, les censurer. On peut même forcer des gens à y adhérer. On peut même leur enlever cette responsabilité (qu'est adhérer) et leur convaincre d'un but, et leur donner des instructions (ou ordres) sur lesquels ils n'auront pas besoin de réfléchir. Oui, les nazis aussi n'ont fait que suivre des ordres... On a appris la leçon, non?
Pour moi il n'y a pas meilleure arme que le sophisme. Tu crois ne pas avoir besoin d'une voiture? On va s'arranger pour t'en rendre dépendant. Tu crois pouvoir choisir ta nourriture? On va t'imposer l'aliment qui va te convenir. Tu crois savoir ce qui se passe avec les différents types de pouvoir? On va te carresser dans le sens du poil. Tu crois que l'homme est le maître du monde? Il ne sait même pas se maîtriser lui-même.
La survie est nécessaire, et cette seule excuse libère l'homme de tout remord.
Bien sûr, qui suis-je pour avancer mon beau-parler ainsi? J'utilise des voitures qui polluent car je peux me lever moins tôt et il y a la radio dedans, j'achète des chaussures qui viennent de Chine car c'est moins cher, je mange le meilleur chocolat du monde car mes aïeux ont soumis un pays au centre d'un continent sans défense, ce qui m'est malgré moi bien égal, et j'oublie tout ça en regardant un match de foot ou en m'intoxiquant pour me rebeller, je bosse 5 ans pour un bout de papier, j'écoute les Beatles et rêve d'amour, et quand j'aurai un boulot j'en aurai plus rien à foutre de ces gens qui passent leur temps à trouver un moyen pour que l'humanité soit digne de quelque chose (on les appelle les philosophes, les scientifiques, les intellectuels, les hommes de bien, mais on va même jusqu'à appeler ça l'homme politique, le prof, le soldat).
La crise économique peut continuer, la terre peut se réchauffer ou même exploser, on peut tous entrer en guerre et s'entretuer (non on ne dit plus tuer, on dit traiter) jusqu'au dernier homme, de toute façon quand on se sera éteint il n'y aura rien ni personne pour nous regretter.
Mais on tentera de survivre donc on résoudra ces problèmes même si cela nous coûte la création de nouveaux problèmes.
Moi je vais quand même regretter toutes les autres formes de vie qu'on va emporter avec nous dans notre spirale. Et qui, dans le fond, avaient réussi à trouver leur équilibre avant qu'on débarque. Ha non en fait, on a longtemps gardé cet équilibre il me semble.
C'est où qu'on a commencé à foirer??