samedi 29 novembre 2008

Responsable d'une porte.

On est responsable de ses actes, mais on ne les choisit pas.
Malgré un déterminisme auquel on s'oppose de toutes ses forces, un jour de pluie choisira quand même toujours quand il préfère apparaître.
Et le monde profite des jours où il ne pleut pas.
Il y a même des gens qui aiment la pluie...
T'ai-je bien ouvert l'entrée?

samedi 22 novembre 2008

Colère!

Passer le temps partout
Par tous les états d'âme
Pour les beaux yeux de ces dames
Colère, triste, jaloux

Trop d'espace, trop de temps
Avant de recommencer
A pouvoir s'aimer
Rien n'est comme avant

A la télé ils y arrivent
Ceux qui ratent on les oublie
Ceux qui ont quand même faibli
Qui sont perdus sur les rives

Cette impression de savoir
Que l'avenir sera fatalité,
Exempt de toute moralité,
Nous tuera mais pas ce soir

Alors en attendant une bévue
On se demande bien
Comment elle vient,
Cette mort imprévue

Et après la fin
Ou avant je sais plus
On en revient enfin
A ceux qui comptent le plus

Et le cercle repart 
Car ils sont pas tout près
Et ils sont pas bientôt
Alors je rentre au passé.

...merde la fin elle rime pas....

jeudi 13 novembre 2008

[Nwar Dezi:r] ...chapitre 2


Tous ces beaux jeux inventés pour passer devant les premiers, pour que chacun soit écrasé s'il refuse encore de plier. Les dégâts, les excès, ils vont vous les faire payer. Les cendres qui resteront c'est pas eux qui les ramasseront, mais les esclaves et les cons qui n'auront pas su dire non. Nous on n'veut pas être des gagnants, mais on n'acceptera jamais d'être des perdants.

Pimprenelle et Nicolas, vous nous endormez comme ça. Le marchand de sable est passé, nous on garde un oeil éveillé. Ô la peur, ô le vide, ô la victoire des avides. Faut pas bouger une oreille, toutes sortes de chiens nous surveillent. Pas un geste, une esquisse, sinon on tourne la vis. Nous on n'a rien à gagner mais on ne peut plus perdre puisque c'est déjà fait.

Toi qui viens de loin d'ici avec ta peau et tes os, on t'a parlé du paradis. On t'a menti, tout est faux. Ô mon ami ô mon frère tout ce nerf perdu pour la guerre. Tu vas voir tout l'amour qui traîne au fond du discours. Dis t'en veux des papiers? Dis tu l'as vu mon palais? T'auras rien, c'est ainsi. C'est pas fait pour les perdants, le paradis. 

Il y a la chair à canon, il y a la chair à spéculation, il y a la chair à publicité, enfin y'a tout ce que vous aimez. Vous et moi on le sait, le spectacle est terminé. Pourtant c'était presque idéal, c'était loin du féodal. Oh maint'nant c'est foutu, ça fait joli dans ton...
Fort intérieur c'est gênant, de rejoindre comme ça la cohorte des perdants.

Il faut pas se faire d'illusions, mais c'est mieux debout pour l'action. Et pour nos âmes, c'est égal, Dieu n'est pas dans la bataille. Ô messieurs les décideurs, de toutes parts, de tous côtés, sachez que profond dans nos coeurs, on n'arrête pas le progrès. Sous l'iris, sous la peau, sous les ongles et dans l'étau. On pourra toujours refuser de devenir les premiers ou les derniers. Pas de leaders triomphants, on s'ra jamais des gagnants ni des perdants.

Bertrand Cantat, Octobre 2008.


Te revoilà dans notre orgie de nouvelles
Dans notre si moderne société
Qu'en est la plus marquante nouveauté?
Dis moi qui est donc la plus cruelle?

Serge non pas ton ménestrel
Mais ce juif athée dont la muse
A vieilli encore si anglaise et belle
T'aurait-il sorti par une posthume ruse?

L'encre assassine, la voix tuée
Tu nous décris, tu nous annonces
Ceux qui les premiers y renoncent
Ceux qui les derniers perdront pied

Il y a des tas de mouvements de masse
Ha ça oui tu les connais depuis hier
Quand les gens trop se lassent
Et qu'ils pensent à tout foutre en l'air

Qu'as-tu retrouvé parmi nous
Un été en costume, une maison en cendres?
C'est qui finalement le fou?
L'élu, l'opposant, ou celui qu'on veut pendre?

Quand la lune est si pleine
J'oublie vite qui est la reine
Aide moi alors en une seconde
Le plus stable, c'est le trou ou le monde?


Merci d'être revenu...

mercredi 5 novembre 2008

So what have you been up to?


Well... Thanks for asking.

Today was a pretty crazy day. At first I woke up not tired (around 11am!) and went to school at 1pm. We watched a really intresting movie about Pierre Bourdieu and I think I've totally incorporated his theories. To me, the way he sees sociology really is new and close to reality. 
Then I went skateboarding downtown Liège and there's been some crazy scenes happening. There were 4 immigrants on a bench not far from the spot, who were in the middle of getting smelled by dogs, searched and finally arrested. Then there was this bum who was drinking a beer without keeping his dog close to him, in the middle of being converted by witnesses of Jéovah. His dog ran after me and bit the bottom of my pants, so I had to smash the dog with my board in order to get it away from me... Then some friends asked him to hold its leash. And during that whole scene, there were 2 lovers playing guitar and singing like hippies. The guy really looked like John Lennon: same hair, same glasses!
And I was just skating there, submissively hurting my legs...
Then... arrived a convertable red Mini Cooper with 3 black people singing "Obama! Obama!" with American flags and African music...

I think that Liège is an intense city. A normal Wednesday afternoon turns into crazy stories having yet to be reported.

samedi 1 novembre 2008

Chapitre second.


"Tu as choisi un monument, tu es certaine qu'on est à même de l'apprécier comme il faut?" commença Syd, uniquement par curiosité pour la réponse qui sera donnée.
La réponse ne s'est pas fait attendre. Elle racontait ce qu'elle pouvait nous apprendre. "Il relate un voyage, qui a modifié la vision de quatre petits Anglais déjà noyés de succès. Ils auraient pu s'arrêter là, mais pour moi c'est une belle hymne à la musique. L'histoire de cet album ..."
Mais je n'écoutais plus. Etait-ce le vin qui frappait déjà à 9 heures du soir, où sa rhétorique qui m'avait pris dans un voyage incroyable? J'étais pris dans la conversation, comme passager d'un train qui me secouait à chaque virage. De longs cheveux noirs et des yeux verts. Mais où avais-je déjà bloqué sur ces traits? J'étais pris de réflexions sur elle et mon passé. On s'était déjà croisé.
Un moment, Syd se leva. Je n'écoutais plus la conversation, mes yeux fixés sur notre invitée. J'ai alors détourné enfin mon regard, pour voir Syd aller sur la terrasse et décrocher son téléphone.
"Alors, c'est quoi ton avis sur l'influence de la musique sur les moeurs de notre société?" me dit-elle. J'étais subjugué. Je n'ai jamais été bon pour donner une personnalité aux gens. Encore une fois j'ai cru qu'elle n'était qu'une fille de plus que Syd avait repêché je-ne-sais-où pour faire bonne figure dans les soirées, et sa beauté m'avait rempli de préjugés. Je l'ai donc rencontrée avant, et quelque chose m'avait certainement plus marqué que son physique. Quoi? Où? Mais il fallait bien répondre à sa question.
"Moi je pense que, bien que nos chansons préférées bouleversent l'adolescence, elles sont malheureusement loin de modifier fondamentalement les actions futures de leur audience. Les religions aussi, tu sais, n'ont pas su rendre l'homme meilleur..."
Mais tout en disant cela je ne pouvais déjà plus me détacher de son regard perçant, qui virevoltait entre Syd et mes mains gigotantes.
Syd revenait vers nous tandis que j'entreprenait de remplir nos verres vidés. Le stick tournait, mais ce n'est pas cela qui me plongeait dans un brouillard épais. Le soir nous avait rattrapé,  et Syd venait de recevoir les instructions pour ce soir. Il remettait son téléphone en poche tout en reprenant son verre de vin à nouveau rempli.
"Nous allons reprendre la voiture, il faut aller chercher Alice, finalement elle n'a pas d'autre solution pour nous rejoindre. Vous venez avec?"
"Oui sans problème" lui ai-je dit sans hésiter. J'avais envie de la voir marcher. Elle... mais c'était quoi son nom en fait? Syd ne la nommait pas... Je ne pouvais pas demander son prénom à une fille après lui avoir parlé pendant plusieurs dizaines de minutes. J'aurais eu l'air malin, moi... D'autant que mon intuition se renforçait. Je l'ai déjà croisée sur un autre chemin. J'ai donc certainement dû apprendre son prénom. Même son nom.
Nous nous dirigions vers l'extérieur, et descendre les escaliers m'a semblé être une descente aux enfers. Mon esprit se torturait à reconstruire mes souvenirs pour tenter d'y détecter une trace de cheveux longs et raides, d'yeux verts, de robe légère à fleurs, de rhétorique posée et savante.
J'observait Syd ouvrir la porte du conducteur et s'installer. Que savait-il d'elle? Il l'a rencontrée dans le cadre de ses "actions civiques". Enfin c'est comme ça qu'il qualifie ce qu'il fait. Il milite contre le fascisme, et pour plus d'égalités entre les citoyens de la ville. Elle s'est attachée il y a quelques jours à la grille d'entrée d'un centre fermé pour y dénoncer les traitements réservés aux sans-papiers. Oui mais c'est tout ce qu'il a pu, ou peut-être ce qu'il a voulu, me dire sur elle.
Mais moi je n'ai pas pris part à des manifestations dans le coin ces derniers temps. Ce n'est pas de là qu'elle me hante.
En chemin elle me posa une question. La route me faisait glisser de gauche à droite sur le siège avant, plus on tournait et plus j'avais du mal à réunir mes pensées. "C'est loin, chez Alice?"
"Non, on y est bientôt, elle n'a pas pu venir à pied car elle s'est foulée la cheville la semaine dernière, tu sais, après l'émeute du centre fermé." répondit Syd à ma place, sans détourner son regard de la route. 
Syd sait toujours quand j'ai la tête ailleurs. Il prend le relais aux meilleurs moments, c'est une des bases de notre amitié. Mais alors, aurait-il pensé à inviter Alice pour me permettre de coller un nom et un souvenir à ces longs cheveux raides? Ce qui est certain c'est qu'avec la petite amie de Syd avec nous, j'allais certainement avoir besoin d'une conversation ailleurs, et j'avais justement des choses à découvrir. Notre voyage fût effectivement court.
Au retour à l'appartement de Syd, il faisait à présent complètement noir. La lune et les étoiles étaient entrées en compétition pour donner le plus de singularité possible à cette nuit. J'étais décidé à ne pas la passer pour rien. J'étais déjà avec des personnes agréables. Avec du vin agréable, de l'herbe agréable. L'été pouvait commencer...