
Tous ces beaux jeux inventés pour passer devant les premiers, pour que chacun soit écrasé s'il refuse encore de plier. Les dégâts, les excès, ils vont vous les faire payer. Les cendres qui resteront c'est pas eux qui les ramasseront, mais les esclaves et les cons qui n'auront pas su dire non. Nous on n'veut pas être des gagnants, mais on n'acceptera jamais d'être des perdants.
Pimprenelle et Nicolas, vous nous endormez comme ça. Le marchand de sable est passé, nous on garde un oeil éveillé. Ô la peur, ô le vide, ô la victoire des avides. Faut pas bouger une oreille, toutes sortes de chiens nous surveillent. Pas un geste, une esquisse, sinon on tourne la vis. Nous on n'a rien à gagner mais on ne peut plus perdre puisque c'est déjà fait.
Toi qui viens de loin d'ici avec ta peau et tes os, on t'a parlé du paradis. On t'a menti, tout est faux. Ô mon ami ô mon frère tout ce nerf perdu pour la guerre. Tu vas voir tout l'amour qui traîne au fond du discours. Dis t'en veux des papiers? Dis tu l'as vu mon palais? T'auras rien, c'est ainsi. C'est pas fait pour les perdants, le paradis.
Il y a la chair à canon, il y a la chair à spéculation, il y a la chair à publicité, enfin y'a tout ce que vous aimez. Vous et moi on le sait, le spectacle est terminé. Pourtant c'était presque idéal, c'était loin du féodal. Oh maint'nant c'est foutu, ça fait joli dans ton...
Fort intérieur c'est gênant, de rejoindre comme ça la cohorte des perdants.
Il faut pas se faire d'illusions, mais c'est mieux debout pour l'action. Et pour nos âmes, c'est égal, Dieu n'est pas dans la bataille. Ô messieurs les décideurs, de toutes parts, de tous côtés, sachez que profond dans nos coeurs, on n'arrête pas le progrès. Sous l'iris, sous la peau, sous les ongles et dans l'étau. On pourra toujours refuser de devenir les premiers ou les derniers. Pas de leaders triomphants, on s'ra jamais des gagnants ni des perdants.
Bertrand Cantat, Octobre 2008.
Te revoilà dans notre orgie de nouvelles
Dans notre si moderne société
Qu'en est la plus marquante nouveauté?
Dis moi qui est donc la plus cruelle?
Serge non pas ton ménestrel
Mais ce juif athée dont la muse
A vieilli encore si anglaise et belle
T'aurait-il sorti par une posthume ruse?
L'encre assassine, la voix tuée
Tu nous décris, tu nous annonces
Ceux qui les premiers y renoncent
Ceux qui les derniers perdront pied
Il y a des tas de mouvements de masse
Ha ça oui tu les connais depuis hier
Quand les gens trop se lassent
Et qu'ils pensent à tout foutre en l'air
Qu'as-tu retrouvé parmi nous
Un été en costume, une maison en cendres?
C'est qui finalement le fou?
L'élu, l'opposant, ou celui qu'on veut pendre?
Quand la lune est si pleine
J'oublie vite qui est la reine
Aide moi alors en une seconde
Le plus stable, c'est le trou ou le monde?
Merci d'être revenu...