Elle est grise, mais elle avance.
Elle est sale, mais elle avance.
Elle passe par des endroits sans espoir, mais elle avance.
Elle va toujours vers la mer.
Se perdre dans l'immensité salée.
Plus elle va, moins elle résiste.
Plus elle va, plus on la guide et l'utilise.
Elle perd ses enfants, petits poissons.
Mais quoi qu'il arrive, elle garde la même direction.
Des usines qui joyeusement l'entourent de gaz et la remplissent de produits dopants.
Mais même sa mort ne l'empêchera pas de quitter ces lieux.
Il pleut. Les rues absorbent la poussière des voitures. Les murs sont noirs. La nuit est orange. C'est là qu'on vit, qu'on sourit, qu'on espère, qu'on rêve. Seule la théorie nous voit hors de là. La pratique nous y retient. Qu'est-ce qui borde la Meuse et rend les mots si lourds? Son peuple? Sa météo? Ses bâtiments? Son âge? Son image? Son passé? Ses erreurs? Sa couleur?