Sur fond de mai 68, ce film représente les changements auxquels chaque nouvelle génération aspire, mais se heurte contre un mur d'incompréhension et de sous-estimation qui les repousse inexorablement vers le conformisme le plus inpalpable. Et c'est ainsi qu'une société se reproduit à l'identique, ou presque, car bien sur les progrès matériels continuent d'évoluer. Mais la pensée humaine n'évolue pas. Cette génération d'après-guerre a simplement réussi à aller un peu plus loin que les générations qui l'ont précédé, puis ont été oubliés voire réfutés, non sans mal, par la génération dominante de l'époque.
La question ici ne serait peut-être pas de vouloir changer le monde, car les gens qui ont le pouvoir et l'avantage matériel et psychologique sur nous pourront nous "redresser". Peut-être faut-il tenter de s'assurer que la génération qui nous suit puisse en avoir l'occasion... Si on arrive à garder nos idéaux dans un coin de notre tête... qui sait... C'est le message que la fin du film m'a laissé.
On parle de la musique. C'est un exemple. La musique populaire des années 60, c'est le rock. Il a été si riche et si intense pour plusieurs raisons, mais pour moi la principale c'est qu'il avait vraiment quelque chose à dire. Il y avait des choses à montrer, à rendre compte. La musique d'aujourd'hui est la musique du conformisme, du matérialisme, elle se fond dans un univers prédéfini. Les choses "à la mode" de maintenant ne sont plus le produit du hasard, elles sont le produit de recherches lucratives menées à l'avance et rendues concrètes sur commande. Je ne suis pas ici pour faire le procès de ce que je n'aime pas. Car après tout, mai 68 n'a-t-il pas lui même été formaté à l'avance par le capitalisme balbutiant des années de réparation du grand bordel qu'on appelle la guerre?
Finalement, on est tous sur la même planète, et ceux qui la font tourner font tourner tout le monde avec. Personne n'y échappe, sauf peut-être quelques astronautes cloisonnés dans des cages de métal, et quelques rêveurs manquant de concrétisation et d'action, mais pas d'idées. L'idée nous sauvera-t-elle? Mais qu'y a-t-il à sauver?
"Pour moi, le paradis c'est un endroit où un guitariste noir joue le blues avec la main gauche"